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En région Grand Est, il est possible d’aller écouter le cerf bramer en forêt d’Orient, dans l’Aube à l’est côté de Troyes mais aussi quelques kilomètres plus bas en forêt de Rumilly, au nord de Chaource. On parlera aussi des meilleurs spots pour aller écouter le brame du cerf en Alsace. Dans la région du Grand Est, de mi-septembre à mi-octobre, vous pouvez écouter le brame dans plusieurs spots qui allient une grande diversité de flore à une richesse de la faune sauvage. Découvrez les meilleurs endroits où vous vivrez une expérience incroyable.

Le saviez-vous…?

Pendant le brame, les cerfs ont rendez-vous avec les biches du cerf

Jusqu’à la mi-octobre, les cerfs convoitant les femelles donnent de la voix. Leur brame résonne dans la forêt d’Orient ainsi qu’au nord de Chaource dans la forêt de Rumully. Un phénomène saisissant !

C’est leur moment de briller, de montrer à leurs congénères qui est le plus fort. Jusqu’à la mi-octobre environ, les cerfs sont en plein brame. Un phénomène qu’observe Stéphane Gaillard depuis trente ans dans le Parc naturel régional de la forêt d’Orient. Le garde animateur de la Réserve naturelle nationale décrypte les particularités de ce qui est selon lui « l’un des derniers spectacles sauvages de la région ».

C’est quoi, le brame ?

Si tous ceux habitant près d’une forêt ont déjà entendu ce long cri guttural, que désigne vraiment le brame ? « C’est à la fois la période de rut et le cri des cerfs, aussi appelé “raire” », précise Stéphane Gaillard. « C’est un rendez-vous annuel entre les mâles et les femelles, alors que toute l’année les mâles restent d’un côté, les femelles et les faons de l’autre. » Ce sont les mâles qui viennent jusqu’aux femelles pour trouver des « places de brame », des espaces dégagés où s’affronter.

Et dans le Parc, c’est dans la Réserve naturelle que les cerfs vont pour l’essentiel retrouver les biches, même si Stéphane Gaillard observe quelques évolutions. « Pendant 15 ans, on ne les voyait plus que dans la réserve », explique-t-il alors qu’auparavant des places se trouvaient « un peu partout : à Vendeuvre, Amance, Dienville. Mais depuis le confinement, on voit de nouveau des places de brame ailleurs, par exemple à Piney ».

Quant à savoir ce qui provoque le brame – « est-ce que ce sont les chaleurs des femelles ou le cri ? » –, la question n’est pas tranchée. Une chose est sûre cependant, certaines conditions climatiques doivent être réunies : les jours ont raccourci – le brame n’a jamais lieu en pleine journée – et les températures commencent à baisser.

Le cerf se transforme

Durant la période du brame, le cerf connaît une véritable transformation physique. « Il a les yeux globuleux, la langue qui pend un peu, il est sale parce qu’il s’est roulé par terre… » Parfois même ses bois sont chargés de feuilles et branchages après les avoir frottés contre un arbre. Et une fois assez sûr de ses chances de remporter la place, le cerf « urine et éjacule partout ».

Mais dans cette opposition entre mâles, c’est bel et bien l’ambiance sonore qui fait la singularité du brame. Le raire résonne à plusieurs kilomètres à la ronde, notamment dans le Parc où les places de brame sont souvent situées au bord du lac, où « l’eau porte le son ». La stature du cerf ne présage d’ailleurs pas de la puissance de son brame. Stéphane Gaillard se souvient ainsi d’un cerf surnommé Auzon dont le brame ressemblait au cri… « d’une chèvre ! »

Combats violents rarissimes

Sur la place, les mâles se jaugent, brament, devant des femelles « qui semblent plutôt au-dessus de ça et continuent de manger », sourit Stéphane Gaillard. « Si les cerfs sont de même gabarit, il va y avoir combat, sinon, c’est à celui qui gueule le plus fort. » L’opposition peut durer « dix secondes comme deux jours », mais « les combats violents, qui peuvent aller jusqu’à la mort, c’est rarissime » dans le Parc, assure le garde de la réserve.

« Il y a de moins en moins de grands cerfs, donc moins de concurrence et de batailles. » Cette concurrence moindre pourrait d’ailleurs aussi expliquer la réduction de la durée du brame que constate Stéphane Gaillard. « Aujourd’hui, cela dure plutôt trois semaines et non plus quatre. »

Les jeunes s’éduquent

Selon les comptages effectués durant le brame, environ 200 biches et une cinquantaine de cerfs, tous âges confondus, sont présents sur le territoire. « Il peut y avoir un mâle pour 50 biches sur une place, et un mâle pour deux sur une autre », ajoute Stéphane Gaillard.

Si le spectacle attire chaque année des bipèdes curieux au loin, des jeunes observent leurs aînés aux premières loges. Avec toute l’agitation provoquée par le brame, « les faons ne savent plus où se mettre », décrit Stéphane Gaillard, tandis que « des “cerfs satellites”, des daguets âgés de 3-4 ans, tournent autour de la place et observent ». Un moyen peut-être pour eux d’apprendre les codes du brame qu’ils reproduiront une fois arrivés en âge de procréer vers 5 ans.

Ne pas déranger

Pendant le brame, gare à ceux qui dérangeraient les cerfs, dont le comportement est totalement modifié par le rut. « Tout au long de l’année, ils cohabitent très bien avec les sangliers, mais pendant le brame, les cerfs ne les supportent pas et les repoussent », a pu constater Stéphane Gaillard. Il en va donc de même pour l’homme.

Pour rappel, la Réserve naturelle nationale est interdite d’accès, mais ceux souhaitant assister à ce spectacle peuvent participer à des animations dédiées. Depuis les digues, accompagné d’un guide, il est ainsi possible d’observer et de profiter de cette ambiance sonore tout en respectant la quiétude des animaux.

Comment observer le brame

En forêt de Rumilly, au nord de Chaource. ( jusqu’au 15 octobre environ.)

Les règles d’or pour bien l’observer (sans déranger) :

  • Discrétion absolue : vêtements sombres, pas de parfum, téléphones en mode silencieux.
  • Restez sur les sentiers balisés : ne cherchez jamais à vous approcher ou à pénétrer dans les sous-bois.
  • Évitez la lumière : pas de lampes torches braquées vers les animaux ; laissez vos yeux s’adapter à la pénombre.
  • Équipez-vous : de bonnes chaussures de marche, des couches chaudes et des jumelles.
  • Pour une première approche en toute sécurité et dans le respect total de la quiétude des animaux, privilégiez les sorties encadrées par des guides naturalistes ou l’Office National des Forêts (ONF).

Infos : images générées par I.A (Google Gemini) – Article Est-Eclair  Anne-Claire Gross Edition du 24 Sept. 2026